Migrer de Mailchimp vers un routeur français : guide de migration pas à pas

Quitter Mailchimp sans perdre vos contacts ni votre délivrabilité ? Export, authentification, warm-up : les étapes concrètes pour migrer vers un routeur français.

Mailchimp a encore resserré la vis cette année. Plan gratuit ramené à 250 contacts et 500 envois par mois en janvier, hausse de 11 à 13 % sur les comptes historiques depuis avril, selon plusieurs analyses du secteur. Beaucoup d’entreprises françaises regardent ailleurs, et de plus en plus souvent vers un routeur français. Mais le chantier fait peur. Entre l’export des contacts, la reconfiguration DNS et une réputation d’expéditeur à reconstruire de zéro, une migration bâclée peut coûter plusieurs mois de délivrabilité. À raison, donc. La bonne nouvelle, c’est que tout se passe bien pour peu que vous respectiez l’ordre des étapes. Les voici.

Pourquoi les départs de Mailchimp s’accélèrent en 2026

La question tarifaire d’abord. Le plan gratuit est passé de 2 000 contacts en 2022 à 500 en 2023, puis à 250 début 2026, avec un plafond de 500 envois mensuels. Les comptes créés avant mai 2019 subissent de leur côté une hausse de 11 à 13 % depuis le 13 avril 2026. Deux coups de rabot en trois mois, cela fait beaucoup pour un outil dont le prix grimpe mécaniquement avec la taille de la base.

Le deuxième moteur est moins visible mais plus profond : la souveraineté des données. Le baromètre Hexatrust et EY 2025, mené auprès de 96 DSI et RSSI, montre qu’une organisation sur deux a déjà écarté une solution informatique pour des raisons de souveraineté, et 79 % estiment que ce critère pèsera de plus en plus. Un routeur qui héberge vos données en France coche cette case sans effort.

Reste à sélectionner le prestataire d’arrivée. C’est un sujet en soi, que nous traitons dans notre comparatif pour choisir son routeur emailing. Ce guide part du principe que ce choix est fait.

Exportez vos contacts sans perdre l’historique d’engagement

L’export se lance depuis l’onglet Audience, via « Export audience ». Mailchimp génère un fichier ZIP contenant quatre CSV distincts, classés par statut : inscrits, non-inscrits, désabonnés et adresses nettoyées. Seuls les rôles Owner et Admin y ont accès, et les fichiers restent disponibles trente jours dans le compte (documentation Mailchimp). Jusque-là, rien de compliqué.

Le vrai piège est ailleurs : l’export n’embarque aucune donnée de reporting. Taux d’ouverture, clics, historique de campagnes, tout reste chez Mailchimp. Vous récupérez des adresses, pas leur comportement. Le contournement existe, à condition de s’y prendre avant l’export. Créez des segments d’engagement dans Mailchimp, par exemple actifs sur 30 jours, actifs sur 90 jours, inactifs depuis six mois, puis exportez segment par segment ou apposez des tags. Ces segments vous serviront de matière première pour la montée en charge, on y revient plus bas.

Autre réflexe à ne pas négliger : importez aussi les désabonnés et les adresses nettoyées dans la liste de suppression de votre nouveau routeur. C’est une obligation légale vis-à-vis des contacts qui ont retiré leur consentement, et une protection pour votre délivrabilité, car les adresses nettoyées par Mailchimp sont des bounces confirmés.

Pour les templates, la règle est simple. Seuls les modèles codés en HTML et enregistrés dans vos modèles sauvegardés s’exportent. Ceux créés avec l’éditeur en glisser-déposer ne sortent pas de la plateforme : il faudra les reconstruire.

Reconstruisez votre authentification avant le premier envoi

Changer de routeur, c’est changer d’infrastructure d’envoi. Vos enregistrements DNS actuels pointent vers les serveurs de Mailchimp et ne serviront plus à rien. Le nouveau prestataire vous fournira ses propres éléments : un include SPF, une ou plusieurs clés DKIM à publier, et une politique DMARC à déclarer si vous n’en avez pas encore.

Ce n’est plus une option de confort. Depuis février 2024, Gmail et Yahoo exigent des expéditeurs en volume une authentification SPF et DKIM, un enregistrement DMARC, une désinscription en un clic conforme à la RFC 8058 et un taux de plaintes maintenu sous 0,3 % (Google, « Consignes pour les expéditeurs de messages »). Et depuis novembre 2025, Google a durci le ton : les messages non conformes sont rejetés au niveau SMTP, sans même transiter par le dossier spam.

Prévoyez 24 à 48 heures de propagation DNS, puis testez. Envois vers des boîtes Gmail, Outlook et Yahoo de contrôle, vérification de l’alignement DMARC, lecture des en-têtes. Tant que ces tests ne sont pas propres, ne touchez à rien côté Mailchimp.

Le warm-up, l’étape que tout le monde saute

Votre nouvelle IP d’envoi n’a aucun historique auprès des messageries. Le M3AAWG, l’organisme qui réunit les acteurs de la lutte anti-abus, le formule sans détour : envoyer d’emblée son plein volume depuis une IP inconnue est exactement le comportement d’un spammeur qui brûle des adresses IP avant d’en changer. Les filtres réagissent en conséquence.

La montée en charge se fait donc par paliers, en commençant par vos contacts les plus engagés. C’est là que les segments préparés au moment de l’export prennent toute leur valeur : les actifs des 30 derniers jours ouvrent, cliquent, et envoient aux FAI les signaux positifs dont votre réputation naissante a besoin. Comptez plusieurs semaines pour un volume significatif, autour de six en pratique.

Pendant cette période, gardez votre compte Mailchimp actif. Les campagnes à fort enjeu partent sur l’ancien outil, le nouveau monte en puissance sur les segments engagés, et la bascule complète attend que les statistiques se stabilisent. Couper brutalement est la pire option : les à-coups de volume et les interruptions dégradent une réputation en construction, toujours selon le M3AAWG. Un bon routeur français vous fournit d’ailleurs un plan de warm-up et le pilote avec vous. C’est même un critère de sélection à part entière.

Automatisations et RGPD : ce qui se recrée, ce qui se simplifie

Aucun export possible pour vos automatisations. Scénarios de bienvenue, relances, séquences d’anniversaire : tout se recrée à la main dans le nouvel outil. Voyez-y une opportunité plutôt qu’une corvée. Les scénarios accumulés au fil des années méritent rarement d’être tous reconduits, et une migration est le meilleur moment pour faire le tri.

Côté réglementaire, le passage à un routeur français simplifie franchement les choses. Des données hébergées en Union européenne, c’est la fin des transferts hors UE à encadrer : plus de clauses contractuelles types à signer, plus d’analyse d’impact de transfert à documenter, un sujet sensible depuis l’invalidation du Privacy Shield (cadre du chapitre V du RGPD, rappelé par la CNIL). Il vous reste vos obligations propres : mettre à jour le registre des traitements, signer le contrat de sous-traitance du nouveau prestataire et vérifier qu’aucun sous-traitant hors UE ne se cache dans sa chaîne d’hébergement. La question mérite d’être posée noir sur blanc avant signature.

Questions fréquentes sur la migration depuis Mailchimp

Comment exporter ses contacts depuis Mailchimp ?

Depuis l’onglet Audience, puis « Export audience ». Mailchimp génère un fichier ZIP contenant quatre CSV séparés par statut : inscrits, non-inscrits, désabonnés et adresses nettoyées. Seuls les rôles Owner et Admin peuvent lancer l’export, et les fichiers restent disponibles trente jours.

Peut-on récupérer ses templates Mailchimp ?

Partiellement. Seuls les templates codés en HTML et enregistrés dans les modèles sauvegardés s’exportent. Ceux créés avec l’éditeur en glisser-déposer ne sont pas exportables. Il faudra les reconstruire dans le nouvel outil, ou repartir d’un gabarit propre, ce qui n’est pas toujours un mal.

Combien de temps prévoir pour une migration complète ?

Comptez quatre à huit semaines. L’export et la configuration DNS se règlent en quelques jours, propagation comprise. C’est le warm-up qui prend du temps : la montée en charge progressive s’étale sur plusieurs semaines selon votre volume d’envoi et la qualité de votre base.

Faut-il fermer son compte Mailchimp immédiatement ?

Non. Gardez-le actif pendant toute la transition. Il sert de filet de sécurité pour les campagnes importantes et permet de relancer un export oublié. Résiliez une fois le warm-up terminé, quand les statistiques du nouveau routeur sont stabilisées sur plusieurs campagnes.

Pourquoi un warm-up est-il indispensable après la migration ?

Parce que votre nouvelle adresse IP n’a aucun historique auprès des messageries. Un plein volume envoyé d’un coup depuis une IP inconnue déclenche les filtres anti-spam. La montée progressive, en commençant par vos contacts actifs, construit une réputation saine dès les premiers envois.

Un routeur français règle-t-il la question du RGPD ?

Il en règle une grande partie. L’hébergement des données en Union européenne supprime la problématique des transferts hors UE. Restent vos obligations propres : consentement, registre des traitements, contrat de sous-traitance avec le prestataire et traitement rapide des désabonnements.


Une migration Mailchimp réussie tient moins à l’outil d’arrivée qu’à l’ordre des opérations. Exportez proprement, authentifiez avant d’envoyer, chauffez avant d’accélérer. Les entreprises qui perdent en délivrabilité au passage sont presque toujours celles qui ont voulu basculer en un week-end.

Vous préparez votre migration ? Parlons-en.

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